Je gère ma vie au lieu de la vivre
Est-ce que vous vous reconnaissez dans cette phrase ?
Il y a le travail, la vie personnelle, les relations, la santé, l'argent, la famille, les amis, le sport...
des rendez-vous à prendre, les messages auxquels répondre, les courses à faire, les problèmes à anticiper, les décisions en attente...
Puis une journée se termine, puis une semaine, plusieurs mois, Et une drôle d’impression peut apparaître :
je fais beaucoup de choses, mais est-ce que je profite vraiment de ma vie ?
Ce sentiment peut même survenir lorsque, objectivement, tout ne va pas si mal.
On travaille. On voit des gens que l’on aime. On possède peut-être une maison agréable, quelques loisirs, des projets. Il arrive même de passer de bons moments.
Et pourtant, quelque chose manque. Il y a comme un petit goût amer dans la manière dont nous vivions notre vie. Quand est-ce que je vais en profiter ?
Nous pouvons finir par ne voir presque que ce qu’il reste à gérer
Notre journée devient alors une succession de petites alertes :
Il faut que…
Je dois penser à…
Je n’ai toujours pas…
Il faudrait régler…
Et dès qu’un problème disparaît, un autre prend sa place.
Nous attendons alors parfois inconsciemment un moment où tout sera enfin réglé.
Quand j’aurai terminé ceci…
Quand cette période sera passée…
Quand j’aurai davantage de temps…
Quand je serai moins fatigué…
Alors, je pourrai profiter.
Le problème est que cette journée parfaitement dégagée arrive rarement.
La vie continue à produire des choses à gérer.
Et pendant ce temps...
Notre attention est facilement attirée par ce qui réclame une intervention. Beaucoup moins par ce qui ne demande rien.
Nous pouvons donc vivre une quantité de petites expériences agréables sans véritablement les enregistrer. Elles existent, mais elles passent presque inaperçues.
Profiter davantage de sa vie ne signifie pas tout changer
On associe parfois le bonheur à des changements importants : partir, réussir quelque chose, avoir davantage de temps, transformer son quotidien.
Ces changements peuvent évidemment compter.
Mais il existe également une autre possibilité :
apprendre à mieux percevoir une partie de la vie que notre attention laisse habituellement passer.
Parce qu'il existe une différence importante entre :
avoir des choses agréables dans sa vie
et
avoir réellement conscience de les vivre.
Et parfois, la question n’est peut-être pas :
« Comment rendre ma vie meilleure ? »
mais plutôt :
« À côté de quoi suis-je en train de passer pendant que je m’occupe de tout le reste ? »
Peut-être qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas de faire mieux, ni plus vite, ni plus fort. Peut-être que, rien que pour aujourd'hui, vous pouvez essayer autre chose : lever un peu les yeux de ce dans quoi vous êtes plongé(e), ralentir pour prendre le temps de savourer un peu plus quelque chose que vous vous autorisez, respirer un moment, oublier les objectifs, la performance et les injonctions.
Parce qu’à force de gérer sa vie, on peut finir par oublier qu’elle est aussi faite pour être vécue.
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